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PARASITISME ET SÉCHERESSE ESTIVALE. comprendre et anticiper les risques à l'automne

Dernière mise à jour : 22 août



Durant une période de sécheresse estivale le parasitisme au pâturage a plutôt tendance à diminuer... dans un premier temps !


Effectivement l'absence d'eau perturbe la vie du sol et les parasites d'herbage n'échappent pas à la règle. Mais la plupart d'entre eux vont bien évidement mettre en place des mécanismes d'adaptation pour leur survie.

Ainsi, suite au retour des conditions favorables d'humidité ont observe régulièrement des explosions de certaines populations parasitaires et tout particulièrement des strongles digestifs..

Comprendre et anticiper une reprise active des multiplications parasitaires suite à une période de sécheresse est difficile. En effet, cela va dépendre d'un alignement de conditions sur plusieurs semaines.

Les larves de strongles sont très sensibles à la dessiccation. Donc lorsque les sols s'assèchent elles vont se mettre « en pause » et tenter de survivre en se mettant à l’abri dans le sol. Une fois en pause elles peuvent attendre le retour des pluies pendant plusieurs semaines à conditions que leur abri ne sèche pas complètement.

Le taux de survit et la localisation des zones encore parasitées sur une parcelle ne sont donc pas faciles à déterminer. En fonction de la végétation résiduelle et des haies qui bordent les prairies on pourra observer localement de très nettes différences. Ainsi au court de l'été, certains espaces qui semblaient peu parasités peuvent tout d'un coup présenter de très fortes concentrations en larves de strongles infestantes.


Dans les régions méridionales ces phénomènes sont bien connus.

Cette résurgence des strongles digestifs a lieu généralement après les orages du mois d’août. Traditionnellement à cette période les éleveurs ont donc pour habitude de garder les animaux en bâtiment tant que l'herbe est mouillée afin de limiter les infestations.

En parallèle, suite à un été caniculaire le facteur alimentaire peut aussi jouer un rôle clé dans le risque parasitaire de fin de saison.

Les prairies sont rases et la faible hauteur des brins d'herbe favorise le risque d'infestation mais pas que...

Beaucoup d'herbivores ont aussi souffert d'un manque d'herbe et/ou de fourrages de moindre qualité.

Avec la canicule la plupart des pâtures ont « grillé » sur pied ce qui en modifie globalement la qualité nutritionnelle. L'herbe sèche consommée sur pied est un fourrage présentant potentiellement un déficit en protéines/azote et des profils contrariés en oligos éléments.

Or amaigrissement et carences favorisent la sensibilité au parasitisme, surtout chez les jeunes en croissance qui sont à surveiller de plus près.

Les recommandations pour le mois de septembre sont donc les suivantes :

  1. Même si des éventuelles analyses de fin août se révèlent correctes il est judicieux de refaire une surveillance coprologique des animaux sensibles.

  2. Si la repousse de l'herbe est insuffisante, veiller à assurer un apport protéique suffisant

  3. Faire une cure de oligo-minérale complète.


article écrit par Dr vet. Émilie Salesse le 21 août 2022.

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